Philanthropie entrepreneuriale : donner, mais pas n’importe comment
Dans cet épisode des Dérangeants, Dominic Gagnon reçoit Fabienne Audette, directrice générale de la Fondation des jeunes de la DPJ. Au programme : la philanthropie, ce mot qui sonne bien dans un cocktail mondain, mais qui peut parfois ressembler à un « chèque et bye-bye ».
On parle ici de philanthropie stratégique, efficace, et qui fait réellement une différence. Pas juste de se donner bonne conscience avec un don sur un coin de table pendant le brunch du dimanche.
Parce que, soyons honnêtes, entre l’entrepreneur qui écrit un gros chèque sans trop savoir où ça va et celui qui met son énergie, son réseau et son expertise au service d’une cause… il y a un monde. Et ce monde, c’est celui que Fabienne Audette veut voir évoluer.
Pourquoi donner quand on peut juste scaler sa business et dormir sur du cash ?
D’abord, un fait qui donne une claque : chaque année, 4 000 jeunes quittent la DPJ à 18 ans sans filet de sécurité.
Imagine un instant que, du jour au lendemain, tu sois lâché dans la jungle du monde adulte sans ressources, sans réseau, sans mentor, avec un sac à dos rempli d’obstacles plutôt que d’opportunités. Un sacré choc, non ?
C’est là que la philanthropie entrepreneuriale peut faire la différence. Parce que les entrepreneurs ne sont pas juste des chefs d’entreprise. Ils sont aussi des bâtisseurs, des innovateurs, des gens capables de repérer un problème et d’y apporter une solution.
Mais donner, ça veut dire quoi au juste ?
Fabienne Audette le dit sans détour : ce n’est pas juste une question d’argent.
Bien sûr, le financement est essentiel. Mais si on veut vraiment avoir un impact, il faut y mettre du temps, du réseau et des idées.
1. Le cash, c’est bien, mais pas n’importe comment
Écrire un chèque, c’est facile. Mais encore faut-il que cet argent soit bien utilisé. Fabienne insiste sur l’importance de mesurer l’impact, d’éviter de financer des projets pour la forme, et surtout de comprendre les besoins réels sur le terrain.
2. Le temps, c’est encore mieux
Un entrepreneur peut donner son expertise en mentorat, aider à structurer des initiatives, ou carrément proposer un modèle de financement plus efficace. Il ne s’agit pas juste de donner, mais de s’impliquer intelligemment.
3. Le réseau, un atout sous-exploité
Dans les affaires, on le sait : avoir le bon contact, c’est souvent la clé du succès. Pourquoi ne pas appliquer la même logique à la philanthropie ? Un coup de fil peut parfois faire plus qu’un don ponctuel.
Un entrepreneur doit-il être philanthrope ?
On entend souvent l’argument classique : « Moi, je paye mes impôts, c’est déjà ça ».
Oui, mais non.
La réalité, c’est que les inégalités ne se règlent pas toutes seules. L’État ne peut pas tout faire et, soyons honnêtes, il n’a pas toujours l’efficacité d’une startup bien rodée.
Les entrepreneurs savent comment bâtir, structurer, rendre viable un projet. Alors pourquoi ne pas utiliser cette capacité pour créer un impact durable ?
Ok, mais comment être sûr que ça sert vraiment à quelque chose ?
C’est le nerf de la guerre. Fabienne Audette le martèle : la philanthropie doit être mesurable et transparente.
Un bon projet philanthropique, c’est comme une entreprise :
Ça veut dire quoi concrètement ?
Conclusion : arrêtons le « charity washing »
Donner pour se faire une belle image, ça ne sert à rien. Ce dont on a besoin, c’est d’entrepreneurs engagés, pas juste de donateurs. L’argent aide, bien sûr. Mais l’impact, lui, vient de l’engagement, de la vision et de la volonté de changer réellement les choses.
La philanthropie entrepreneuriale, ce n’est pas une option. C’est une responsabilité. Et si tu te demandes par où commencer, Fabienne Audette a une réponse simple : fais quelque chose qui compte vraiment.