ÉPISODE 19

25 Fév 2025

#140 – Simon De Baene | La simplicité c’est payant!

Si tu penses que bâtir une entreprise tech, c’est juste une question de lever des millions, d’avoir des bureaux remplis de bean bags et d’envoyer tes employés dans le Sud, détrompe-toi. Simon De Baene, fondateur de WorkLeap (anciennement GSoft), prouve que parfois, moins, c’est mieux.

Dans cet épisode des Dérangeants, il partage son parcours, ses prises de conscience et pourquoi il a fini par lever 125 millions après des années à prôner le bootstrap. Spoiler alert : même les rebelles finissent par changer d’avis.

D’un trio d’amis à une machine de 150M$ de revenus

Simon De Baene n’a pas toujours été le boss d’une entreprise florissante. À ses débuts, il était juste un gars passionné par Linux, qui faisait du skate et buvait des bières sans trop savoir ce qu’il ferait de sa vie.

Puis, un jour, avec deux amis, ils ont décidé de fonder GSoft, un mix entre passion et envie d’innover dans un secteur où la créativité n’était pas exactement au rendez-vous. L’idée de base ? Faire du service, vendre du développement… puis accumuler assez de cash pour se lancer dans le SaaS.

Mais avant de toucher le jackpot, il a fallu 7 ans pour que ShareGate, leur premier produit, trouve enfin son marché. 7 ans, c’est long. C’est beaucoup de Kraft Dinner et d’incertitude.

Mais une fois la bonne recette trouvée, c’était parti. ShareGate a explosé, suivi d’OfficeVibe, et la boîte a grandi… vite. Peut-être trop vite.

Le mythe du « plus, c’est mieux » (et pourquoi il s’est trompé)

GSoft (devenu WorkLeap) a longtemps incarné l’anti-corporate :
✅ Pas de managers
✅ Des bureaux de rêve
✅ Un trip d’innovation à chaque coin de table

Mais avec la croissance, Simon a réalisé un truc.

Trop, c’est comme pas assez.

Le bureau parfait ? Une distraction.
Les réunions à la pelle ? Une perte de temps.
Les produits trop ambitieux ? Un échec programmé.

Alors, il a changé d’approche : moins de features, mais mieux faites.

« On a décidé de faire moins, mais de le faire bien. »

Une petite phrase qui résume bien le virage. Parce qu’à la fin, ce qui compte, ce ne sont pas les gadgets, mais l’impact réel du produit.

Du bootstrap au gros chèque de 125M$ : trahison ou évolution ?

Simon a toujours défendu le bootstrap, cette philosophie où tu te développes avec ton propre argent au lieu de courir après les investisseurs.

Mais… il a fini par lever 125 millions avec la Caisse de dépôt.

Alors, retournement de veste ? Pas vraiment. Juste une prise de conscience :

« Quand on est dans notre vingtaine, on aime ça boire du Kool-Aid… Mais à une certaine taille, c’est plus réaliste de penser qu’on peut tout développer nous-mêmes. »

À un moment donné, pour croître encore plus vite et structurer ses acquisitions, il fallait du capital. Et quitte à en prendre, autant que ça vienne de quelqu’un qui comprend le long terme (et qui ne veut pas juste un exit rapide).

Le remote, le vrai débat

Autre sujet chaud : le télétravail.

Après des années à bâtir des bureaux plus cools que ceux de Google, Simon a pris une décision choc : WorkLeap est devenu 100% remote.

Pourquoi ? Parce qu’il s’est rendu compte que le bureau, malgré tout son cachet, était devenu une distraction plus qu’un atout.

« Quand on regarde en arrière, on veut revenir à ce qu’on avait. Mais il faut regarder en avant. »

Pas de nostalgie, juste du pragmatisme.

Et contrairement aux employeurs qui paniquent à l’idée que leurs employés se la coulent douce en pantoufles, Simon est clair :

« Les gens travaillent souvent plus de chez eux. Et mieux. »

Moins de temps perdu, plus de focus… et surtout, la possibilité d’embaucher les meilleurs talents où qu’ils soient.

Moins, mais mieux

Si on devait résumer l’épisode en une leçon, ce serait celle-là :

La simplicité, c’est payant.

Que ce soit dans un produit, dans la gestion d’une boîte ou même dans sa propre carrière, se concentrer sur l’essentiel est souvent la clé du succès.

Et si même Simon De Baene, le défenseur du bootstrap et des bureaux de rêve, a changé d’avis sur certains sujets, c’est bien la preuve qu’en affaires, il faut savoir évoluer.

Alors, prêt à faire moins, mais mieux ?

Dérangeants participants