ÉPISODE 21

11 Mar 2025

#142 – Entre Nature et Rentabilité – Tête à tête avec Sébastien Angers

Dans cet épisode des Dérangeants, Marie-Josée discute avec Sébastien Angers, agriculteur et fondateur de la Ferme de l’Odyssée, sur son parcours inspirant et sa vision audacieuse pour l’avenir de l’agriculture au Québec et au-delà 🌾✨ De l’agriculture régénérative à l’équilibre entre rentabilité et durabilité, Sébastien nous fait découvrir comment innover tout en respectant la nature. Une conversation riche en idées, en défis et en leçons pour entrepreneurs 🎧🌍

L’agriculture du futur : moins de bullshit, plus de biodiversité

Quand on parle d’agriculture, t’as l’image classique du champ bien peigné et du fermier en salopette qui compte ses épis de maïs. Mais si on te parle de « designer de biodiversité dans l’espace-temps », avoue que tu décroches direct. Pourtant, c’est exactement comme ça que Sébastien Angers, agriculteur et agronome allumé, se décrit. Il était de passage dans Les Dérangeants et, sans surprise, il a brassé la cage d’un monde agricole encore trop figé dans ses vieilles habitudes.

Cultiver autrement (et arrêter de défoncer les sols)

Installé à Sainte-Monique-de-Nicolet, Sébastien n’a pas juste touché à l’agriculture, il l’a triturée sous toutes ses formes : élevage porcin, production maraîchère, et aujourd’hui, culture de graines de citrouille en mode régénératif. Son trip ? Remettre en question le modèle qui nous gave de pesticides et d’OGM comme si c’était un buffet à volonté. Pour lui, produire plus en épuisant la terre, c’est aussi con que d’essayer de boire une pinte avec une paille trouée.

L’agriculture conventionnelle, c’est du rendement à tout prix. Le bio, c’est souvent une quête de perfection intenable. Lui, il veut juste que la nature arrête de nous envoyer des fuck you en réponse à nos pratiques agricoles. Son modèle repose sur une seule règle : « je donne, je prends, juste ce qu’il faut ». Pas con, non ?

La claque du réel : de la surconfiance à l’humilité forcée

Sébastien a eu son moment de vérité : après s’être mis en mode turbo sur ses cultures bio, il s’est retrouvé surendetté et face à des récoltes catastrophiques. Morale de l’histoire ? Si tu mets trop la pression sur le vivant, il te le rend au centuple… en te foutant dans le mur. Plutôt que de jouer les fermiers bornés qui s’acharnent à coups de subventions et d’engrais chimiques, il a revu tout son modèle : diversité des cultures, couverture des sols, captation du carbone. Résultat ? Son rendement de graines de citrouille est passé de 200 kilos à 6 000 kilos par hectare. BOOM.

L’agriculture, c’est pas juste des bottes et un tracteur

Mais l’enjeu va au-delà des champs. Sébastien veut qu’on arrête de juger un agriculteur juste à sa production. Selon lui, l’avenir, c’est rémunérer ceux qui prennent soin de la terre. Genre, si tu régénères ton sol, que tu captures du carbone et que tu préserves la biodiversité, t’as droit à une récompense. Parce qu’aujourd’hui, comme il le dit si bien, « on vit sur la carte de crédit du vivant », et un jour, l’addition va faire mal.

Il travaille sur un système de traçabilité et de certification pour prouver que ses méthodes marchent. Parce qu’on le sait tous : sans chiffres, impossible de convaincre les banquiers et les bureaucrates du système.

Écouter son instinct (et fermer la gueule de l’égo)

Son message dépasse l’agriculture. C’est un rappel que l’entrepreneuriat, c’est avant tout savoir s’écouter. Il parle du « président intérieur », cette petite voix qui te dit de lever le pied avant que tu t’écrases en plein vol. Parce que dans n’importe quel business, courir après la rentabilité immédiate, c’est souvent le meilleur moyen de finir à genoux.

Alors oui, Sébastien dérange. Oui, son approche fait grincer des dents. Mais une chose est sûre : son modèle fonctionne. Et si plus d’entrepreneurs, agricoles ou non, adoptaient son mindset, on serait peut-être moins en train de courir droit vers un mur. À méditer, entre deux bouchées de graines de citrouille.

Dérangeants participants