ÉPISODE 27

22 Avr 2025

#148 – Tête à tête avec Nathaly Riverin | Entrepreneurs au bord du gouffre, le gouvernement checke ailleurs

sante mentale

L’Entrepreneuriat et Santé Mentale : C’est le Bordel

Entre Burnout et Coupes Budgétaires

Nathaly a grandi en voyant ses parents trimer comme des forçats dans leur PME de rembourrage et de tapis. Elle a détesté ça au début (qui aime voir ses parents stressés 24/7?) mais a fini par piger que choisir sa vie, même si c’est pas le grand luxe, ça a de la valeur. Après des études en économie (où on lui a vendu la salade que les humains sont rationnels – LOL ), elle a eu une révélation : l’entrepreneuriat. Elle a passé sa vie à essayer de mesurer ce truc intangible et à le promouvoir.

Elle a co-piloté des projets majeurs : Fondation de l’entrepreneurship, fusion foireuse devenue Évol, et surtout, l’École d’Entrepreneurship de Beauce (EEB). L’EEB, c’était le Poudlard des entrepreneurs québécois : l’élite de l’élite, ceux qui pouvaient cracher 50 000$ (ou plus) pour apprendre à faire du skidoo avec des PDG légendaires et boire du scotch avec Serge Godin. Pas de cours, pas de profs, pas d’examens, juste du réseautage intense et des ego surdimensionnés. Nathaly a bâti ça de zéro, avec la vision de Marc Dutil (le « Wayne Gretzky de l’entrepreneuriat »).

Mais attention, la croissance fulgurante, c’est comme manger trop de poutine : ça finit par faire mal. Nathaly s’est brûlée. Crise de croissance, changement de CA (qui devient corpo et demande des politiques salariales pendant qu’elle essaie juste de garder le bateau à flot), jongler avec sa vie de mère monoparentale. Le médecin lui dit qu’elle est en épuisement, elle le nie. Son coach lui dit en gros « débrouille-toi ».

Finalement, après un désaccord majeur avec le CA (notamment sur le refus de payer les bonus mérités des employés – classe!), elle claque la porte. S’ensuit une période de honte et de cachette, parce qu’elle n’avait pas eu « 100% dans son exécution ». Le classique de l’entrepreneur qui se sent comme un échec même après un succès retentissant.

Le côté sombre : Santé mentale et gouvernement qui s’en lave les mains

Le podcast prend une tournure plus sombre. La santé mentale des entrepreneurs, c’est le gros éléphant dans la pièce. Trois fois plus d’épuisement que le commun des mortels, le suicide comme deuxième cause de mortalité. Pourquoi? Parce qu’on attend d’eux qu’ils soient des super-héros invincibles, qu’ils mènent toujours leurs projets à terme, même si ce projet devient leur propre fin.

C’est là qu’entre en jeu Persévérance Entrepreneuriale, le nouveau bébé de Nathaly. L’idée? Aider les entrepreneurs qui sont dans le trou, ceux qui frappent le mur et réalisent qu’il n’y a plus personne pour les ramasser. Au début, c’était juste Nathaly qui répondait au téléphone aux entrepreneurs en larmes. Ils ont eu 2500 appels en moins de deux ans! Ils ont aidé concrètement 250 personnes à se sortir la tête de l’eau, comme Maggie, qui est passée de vouloir en finir à exposer ses créations au Louvre.

Et le punch? Le gouvernement, celui-là même qui se gargarisait d’être « le gouvernement des entrepreneurs », vient de couper les vivres à Persévérance et à d’autres organismes cruciaux (Réseau M, etc.). Leur justification? Aider les entrepreneurs en difficulté, « ce n’est pas notre priorité ». On préfère investir dans les 2,5% de grosses entreprises qui cochent les cases « innovation » et « productivité », et laisser les 98% de PME (qui SONT l’économie du Québec, rappelons-le) se débrouiller. C’est scandaleux, coûteux (sauver un entrepreneur coûte moins cher qu’en créer un neuf ), et franchement inhumain. On jette les « légumes imparfaits » au lieu de les valoriser.

Le mot de la fin (ou plutôt, le début du combat)

Nathaly, malgré ce coup dur, ne lâche pas. Elle a trouvé son équilibre dans le jardinage (oui, oui, elle compare semer des carottes à gérer une PME, et c’est étonnamment pertinent ) et refuse que sa vie soit « négociable ». Le message final est clair : la santé des entrepreneurs, c’est pas juste un truc « feel good », c’est essentiel pour l’économie. Il faut arrêter de voir l’entreprise comme une entité désincarnée et prendre soin de l’humain derrière.

Alors, si vous êtes entrepreneur et que ça va mal, appelez Persévérance. Si vous voulez aider, faites un don, parlez-en, écrivez à votre député et au ministre pour leur rappeler qu’ils travaillent pour nous, les bâtisseurs (même ceux qui sont un peu maganés). Parce que, comme le dit si bien Dominique, on ne peut pas juste accepter ça. Faut déranger.

Dérangeants participants