ÉPISODE 28

29 Avr 2025

#149 – Dans le Garage – Racheter son boss, Revendre à sa fille et son gendre : Repreneuriat 101 avec Sogica

repreneuriat

Reprendre une Compagnie : Moins sexy que d’en partir une, mais tout aussi bordélique (Surtout avec un bébé)

Aujourd’hui, on plonge dans le monde merveilleux, et souvent idéalisé, du repreneuriat. Vous savez, ce truc où on rachète l’entreprise de quelqu’un d’autre? Ça sonne moins glamour que de lever des millions pour une startup en dormant sur un futon, mais détrompez-vous, ça peut être tout aussi rock’n’roll. Surtout quand on sait que, statistiquement, la moitié de ces transitions finissent en GRC familiale ou en désastre financier. On adore!

Et pour illustrer ce joyeux chaos, on a déterré l’histoire de Sogica (oui, on met des liens maintenant, on est modernes), une pépite québécoise qui gère des communications d’affaires ultra-personnalisées – pensez relevés bancaires, polices d’assurance, le genre de paperasse que vous jetez sans lire mais qui, ô miracle, est produite par des vrais humains (et beaucoup de tech). À la barre (ou plutôt, l’initiateur du premier rachat), Sylvain Dupras.

Le Coup d’Audace du Fondateur (quand personne n’y croyait)

L’histoire commence en 2018. Sogica est alors une division de CGI. Sylvain, qui y bosse, sent que ça prend un coup de jus pour rester dans la course. CGI se demande quoi faire de cette unité. On demande à Sylvain de pondre 5 scénarios de sortie. Cinq ! Incluant des options aussi réjouissantes que « laisser mourir la business à petit feu ». Charmant.

C’est là que Sylvain, en mode « tiens ma bière », sort une sixième option de son chapeau : « Et si… JE rachetais ? ». Apparemment, ça a un peu fait rire dans les chaumières au début. Faut dire, proposer de racheter une boîte de 25 millions $ de chiffre d’affaires quand on est encore dedans, ça demande du cran (ou une légère folie). Mais après avoir refusé net de se battre contre des acheteurs externes qui auraient eu accès à tous ses secrets (bien joué, Sylvain !), il a eu un mois pour monter son coup. Et il l’a fait. Avec la bénédiction (et la bienveillance, faut le dire) de CGI. Premier acte : check.

La Famille S’en Mêle (et un bébé débarque)

Avance rapide. Sylvain songe à la suite. Loin de vouloir vendre aux Américains pour un gros chèque (même s’il y a eu des offres alléchantes qu’il a refusées par conviction et pour garder ça au Québec, chapeau !), il commence à laisser entendre qu’une reprise à l’interne serait bien vue.

C’est là que sa fille, Geneviève, ancienne massothérapeute sportive (rien à voir, on adore le pivot !), lève timidement la main, curieuse de comprendre le monde de papa. La pandémie lui donne le « temps libre » idéal pour plonger, en commençant par la base, dans les centres de production. Pas question d’arriver en princesse héritière. Pendant ce temps, Tristan, conjoint de Geneviève et ex-physio reconverti en gestion (décidément !), se joint aussi à l’aventure, non sans une certaine pression de devoir prouver sa légitimité. Imaginez les soupers de famille : « Alors beau-papa, on parle de MBO entre la poire et le fromage ? ».

Finalement, ils se retrouvent à cinq repreneurs : Geneviève, Tristan, et trois piliers du comité exécutif. Gérer cinq têtes avec des visions potentiellement différentes ? Un défi en soi. Les risques pointés : l’ego, le conflit, le manque de transparence. La clé ? La confiance et la communication.

Ah, et comme si ce n’était pas assez épicé, Geneviève était enceinte et a accouché PENDANT le processus de rachat. Jongler entre les couches, les nuits blanches, les avocats et les chiffriers Excel… Chapeau bas, madame !. Elle avoue elle-même avoir eu un peu le sentiment d’imposteur à manquer des meetings ou à être sur mute avec bébé. Son conseil aux autres ? Foncez quand l’opportunité est là, mais assurez-vous d’avoir un bon réseau de soutien (et une mère qui fait des plats, ça aide !).

Le Banquier Pas Comme les Autres

Et le financement dans tout ça ? Le Fonds de solidarité FTQ, déjà client de Sogica, entre en jeu. Tristan souligne une approche très différente de celle d’une banque classique : un accompagnement de A à Z, un intérêt pour le bilan social, et même de l’aide pour structurer le nouveau CA et proposer des formations via des partenaires comme l’École d’entrepreneurship de Beauce. Bref, un partenaire qui s’investit vraiment, au-delà des ratios financiers.

Et Maintenant ?

Aujourd’hui, Sylvain est toujours là, mais en mode « facilitateur », prêt à passer le flambeau en douceur d’ici 2-4 ans. L’équipe de cinq est aux commandes, chacun avec son rôle, jonglant entre le remboursement de la dette d’acquisition (l’épée de Damoclès !) et l’optimisation de la boîte.

Le Mot de la Fin (avant d’aller prendre une bière)

L’histoire de Sogica, c’est la preuve qu’une transition d’entreprise, même familiale et complexe, peut réussir. Ça prend de l’audace (celle de Sylvain), de la résilience (celle de Geneviève avec son bébé-transaction), de la confiance (entre les 5 repreneurs) et les bons partenaires (coucou le Fonds !). Ce n’est pas toujours rose, ça implique des discussions difficiles et probablement quelques bouteilles de vin pour délier les langues, mais c’est possible.

Alors, si vous songez à reprendre une boîte, ou si votre boss commence à parler de retraite avec une lueur étrange dans les yeux, préparez-vous ! Et n’oubliez pas de célébrer les victoires, même petites.

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