ÉPISODE 30

13 Mai 2025

#151 – Les 6 trappes à éviter en Fusion & Acquisition

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Acheter sa croissance ou se planter en beauté ? La Fusion et Acquisition vous dit tout en 6 trucs (ou presque) !

Pour cet épisode, on se met la tête sur un sujet qui fait autant rêver qu’il ne provoque des sueurs froides : la croissance par acquisition. Vous savez, cette stratégie qui vous susurre à l’oreille que vous pourriez devenir le prochain Couche-Tard en claquant des doigts (et quelques millions). Oubliez la croissance organique, cette tortue asthmatique ; on parle ici du lièvre sous stéroïdes !

Pour décortiquer ce festin potentiellement piégé, on a reçu un habitué du micro, un homme qui a vu plus de deals que vous n’avez vu d’épisodes de votre série préférée : Jacques Drouin, associé directeur chez Keira Capital. Avec plus de 25 ans d’expérience dans le merveilleux monde de la fusion et acquisition et du financement qui va avec, disons qu’il sait de quoi il parle.

Alors, pourquoi diable vouloir acheter une autre boîte au lieu de simplement, vous savez, vendre plus de votre propre camelote ? Jacques nous éclaire : saturer son marché, ne plus vouloir être un « one-trick pony » (un poney à un seul tour, pour les non-initiés), vouloir protéger sa chaîne d’approvisionnement ou de distribution (surtout avec les humeurs tarifaires de certains voisins du sud), ou juste parce qu’une opportunité vous fait de l’œil. Tentant, non ?

Les pièges à con… euh, à fusion et acquisition !

Mais attention, mes chers Dérangeants, le chemin est pavé de chausse-trappes. Selon Jacques, le taux d’insuccès est plus élevé qu’on ne le pense. Voici quelques perles à éviter :

  1. Le coup de foudre fatal : Tomber en amour avec la cible. C’est beau, c’est romantique, mais en affaires, ça coûte cher. Votre jugement prend des vacances, vous commencez à fantasmer sur les synergies (on y revient) et vous voilà prêt à signer n’importe quoi. Et devinez quoi ? Les bons vendeurs jouent sur cette corde sensible. Maudit Cupidon du M&A !
  2. Les synergies, ce mirage payant : Ah, les synergies ! Ce doux rêve où 1+1 = 3, voire 17. Le problème, c’est quand on les intègre dans l’évaluation initiale de la cible. Résultat ? Vous payez pour VOS futures économies. Une étude a même montré qu’en moyenne, 35% des synergies sont transférées au vendeur. Malin, le vendeur !
  3. Régler un problème de fond avec un sparadrap doré : Votre modèle d’affaires boite ? Votre produit ne se vend pas ? « Eurêka ! Si j’achète la compagnie X, tout ira mieux ! » Mauvaise idée, dit Jacques. C’est rarement la solution miracle. Si votre produit est nul, il restera nul, même dans un nouvel emballage.
  4. La due diligence à la sauce « on verra bien » : La vérification diligente, ce n’est pas juste pour les comptables en mal de sensations fortes. Il faut tout vérifier : le légal, le fiscal, les RH, l’environnemental, mais surtout, ne négligez pas les TI et le plan d’intégration post-acquisition! Ce dernier est souvent « l’enfant pauvre de l’équation » et la cause numéro UN des échecs.
  5. Le syndrome du buffet (ou l’éternelle indécision) : À force de chercher la cible parfaite, on finit par ne jamais se décider. « Peut-être celle-là ? Non, attends, j’ai vu une autre qui… ». Spoiler : la perfection n’existe pas, même en affaires.
  6. Le coût du capital, ce casse-tête : Comprendre le coût de votre capital par rapport à celui de la cible est fondamental. Si vous achetez des entreprises avec des multiples plus élevés que le vôtre, vous vous appauvrissez. C’est mathématique, mais souvent oublié dans l’excitation.

Diluer ou ne pas diluer, telle est la question !

Ouvrir son capital pour grossir plus vite ? Jacques Drouin reste prudent : ça dépend de votre situation et de vos plans personnels. Le « bénéfice » c’est la vitesse et potentiellement plus d’argent. Le « coût » ? Perdre une partie de votre autonomie, devoir rendre des comptes, et parfois, comme le dit l’animatrice, « demander la permission pour aller à la salle de bain ».

Conseil de pro pour une première acquisition :

Soyez préparé ! Ayez un plan réfléchi, parlez à beaucoup de monde, entourez-vous de bons conseillers. Ne partez pas à la chasse sans savoir quel gibier vous visez, ni avec quel fusil.

La startup qui dérange (en bien) : Cadstrom

En fin d’épisode, on a aussi rencontré Mike Blouin de Cadstrom, une startup qui aide les ingénieurs en électrique à éviter de se planter en corrigeant leurs erreurs de conception avant qu’il ne soit trop tard. Une mission noble, surtout quand on sait que Mike, personne non-binaire, veut aussi apporter plus de diversité dans une industrie qui en manque cruellement. On leur souhaite de réussir à « éliminer les reprises » !

Bref, la croissance par acquisition, c’est un sport de contact qui demande plus que de l’enthousiasme. Un grand merci à nos partenaires comme le Fonds de solidarité FTQ, le Quartier Général de l’Audace du Cégep de Saint-Jérôme, AsterX.vc et HelloDarwin qui nous soutiennent dans notre mission de dérangement.

Pour tous les détails croustillants, les anecdotes et les conseils de Jacques Drouin, foncez écouter l’épisode complet sur QUB ! Et si vous voulez creuser le sujet des acquisitions, des sites comme Investopedia ou les sections affaires de La Presse et Les Affaires sont de bonnes ressources.

Allez, et n’oubliez pas : dérangez, mais intelligemment !

Dérangeants participants