Laissez-nous vous présenter Martin Gauthier, le plus récent invité de notre humble podcast Les Dérangeants (abonnez-vous, nom d’un p’tit bonhomme !). Ce type a cofondé Sidley, une boîte qui a fait plus de vagues qu’un troupeau de narvals enragés dans une piscine à vagues, et ce, depuis Repentigny, mesdames et messieurs ! Oui, Repentigny. Là où les rêves sont apparemment pavés d’ambition et d’une légère odeur de deux-temps.
Notre cher Martin, avant de jongler avec des budgets qui donneraient des sueurs froides à Croesus, a eu une épiphanie technologique digne d’un film de science-fiction des années 80. Imaginez la scène : jeune Martin, découvrant les premiers Macintosh alors que le reste du monde se battait encore avec des Dactylos. Il a regardé une disquette et s’est dit : « Un jour, il y aura de la pub là-dedans ! ». Son prof a probablement hoché la tête poliment en pensant « pauvre petit ». Spoiler : Martin avait raison. Le prof, lui, enseigne probablement encore comment utiliser le ruban correcteur. Pour une dose de nostalgie (ou de traumatisme), jetez un œil à l’histoire du Mac sur le site d’Apple.
De « P’tit Cul, Grand Cul » à la Conquête du Monde (et de la SAQ)
Chez Sidley, la devise n’était pas « on va faire de notre mieux ». Non, c’était plutôt « p’tit cul, grand cul ». Traduction libre pour nos amis hors Québec : si on peut être les rois de la poutine ici, on peut bien devenir les empereurs du burger à l’international. Et ils l’ont fait ! Adidas, Nike, le Cirque du Soleil, Red Bull… la liste des clients ressemble à un bottin mondain de la stratosphère corporative. Ils ont même réussi l’impossible : rendre le magasinage à la SAQ moins intimidant qu’un examen de la prostate grâce aux fameuses pastilles de goût. Oui, c’est EUX ! Avant ça, choisir un vin, c’était pile ou face entre un « fruité et léger » et un truc qui te décape l’œsophage. Merci, Martin, au nom de tous les palais reconnaissants.
Mais la vie chez Sidley, ce n’était pas que des arcs-en-ciel et des licornes qui font des chèques. Martin nous a raconté, avec une franchise désarmante, comment il a dû montrer la porte à Aldo, un client majeur, parce que leurs équipes respectives se transformaient en contestants de « Survivor : Bureau Edition » – les larmes et les burnouts en prime. Parfois, même quand ça paie les factures (et probablement celles du voisin), il faut savoir dire « Hasta la vista, baby ». Il a aussi confié que chez Sidley, quand tout allait trop bien, ils démantelaient la structure pour la réinventer. Une approche pour le moins… dérangeante. On imagine les employés en mode « Oh non, pas encore une restructuration, j’venais juste de trouver la machine à café ! »
Vendre une entreprise de 200 millions de chiffre d’affaires, c’est un peu comme essayer de parquer un Boeing 747 dans une place de stationnement pour Smart. Ça demande du doigté. Et parfois, ça foire royalement. Martin nous a partagé l’histoire à glacer le sang de la vente quasi conclue avec Sapient Razorfish, qui s’est avérée être une manœuvre pour que ces derniers se fassent racheter par Publicis. Des millions en frais d’avocats et de consultants envolés. On en aurait pleuré dans notre bière tablette. Heureusement, la vente s’est finalement faite avec les Japonais de Hakuhodo (via leur filiale Kyu), prouvant qu’il y a une lumière (et un gros chèque) au bout du tunnel. Pour ceux qui aiment les drames en col blanc, les histoires de fusions et acquisitions ratées sont une lecture fascinante.
Et l’argent dans tout ça ? Martin a partagé une perle de sagesse de Guy Laliberté : la « chasse des zéros ». Plus t’en as, plus t’en veux, jusqu’à ce que tu réalises que le bonheur, ce n’est peut-être pas d’avoir un yacht assez grand pour y jouer au hockey, mais de faire ce qui te passionne.
Et Maintenant ? On S’habille en Indieva et on Continue de Déranger !
Après Sidley, Martin aurait pu acheter une île et élever des chèvres en sirotant des cocktails. Mais non. Guidé par la question « How much of you is repetition? », il a replongé. Le voilà maintenant président d’Indieva (scoop dévoilé sur notre podcast, rien de moins ! ), une marque de vêtements de plein air « fashion » pour femmes. Parce que, soyons honnêtes, la plupart des vêtements techniques pour femmes ressemblent à des sacs de patates améliorés.
Malgré ses succès, ce géant de l’entrepreneuriat avoue encore souffrir du syndrome de l’imposteur. Oui, vous avez bien lu. Le gars qui a aidé à mettre Red Bull sur la mappe canadienne se demande parfois s’il est à la hauteur. Si ça peut vous rassurer, Martin, on se demande tous comment on a réussi à lacer nos souliers ce matin. Son secret, s’il en est un, réside peut-être dans sa philosophie du « Kiritsu » – respect et équilibre – et son engagement indéfectible envers la vérité, même si elle coûte un client.
Bref, Martin Gauthier, c’est l’incarnation du « Dérangeant » : un visionnaire terre-à-terre, un créateur de fierté québécoise qui n’a pas peur de brasser la cage, de se planter et de repartir de plus belle.
Pour entendre toutes ces anecdotes croustillantes et bien plus encore, on vous somme (gentiment) d’aller écouter [l’épisode complet avec Martin Gauthier](LIEN VERS L’ÉPISODE SUR VOTRE SITE) sur le site des Dérangeants. Vous en sortirez peut-être avec l’envie de démanteler votre propre routine. Ou juste de vous acheter un bon vin avec la bonne pastille de goût. Santé !