ÉPISODE 35

17 Juin 2025

#156 – Tête à tête avec Maxime Pesant | Capital de Risque Sans Pilule Rose

Capital de risque Les Dérangeants

Le capital de risque, ou l’art de parier sur des licornes (qui n’existent peut-être pas)

Soyons honnêtes, quand on entend « capital de risque », on s’imagine un gars en complet-cravate, plus rigide qu’un piquet de clôture, qui jongle avec des millions en ricanant comme un super-vilain de James Bond. Sa mission? Sucer la moelle des startups pour en faire du profit. Eh bien, notre dernier invité au podcast Les Dérangeants, Maxime Pesant, vice-président sciences de la vie au Fonds de solidarité FTQ, est venu dynamiter ce cliché avec une bonne dose de réalisme et d’humour.

Saigner les compagnies? Pas vraiment le genre de la maison.

La plus grande fausse idée sur les investisseurs en capital de risque? Qu’ils sont là pour « saigner les compagnies ». Maxime le dit d’emblée : la motivation première, c’est de faire une différence. Bien sûr, il y a un modèle économique derrière, personne ne fait ça pour la gloire (ou presque). L’argent des actionnaires doit fructifier. Mais l’idée du « requin » de la finance qui ne pense qu’au profit est aussi démodée qu’un fax. La plupart des gens dans ce milieu sont animés par une véritable passion et un désir d’avoir un impact.

De l’échec en physique à la finance : un parcours… dérangeant

Le plus drôle dans tout ça? C’est que le parcours de Maxime a commencé par un échec monumental. Le gars, qui se décrit lui-même comme un « nerd », a lamentablement coulé son cours de physique au secondaire. Une catastrophe qui a sonné l’alarme chez ses parents et l’a presque convaincu que la science, c’était pas pour lui. Ironiquement, c’est ce qui l’a poussé vers l’administration, avant que la vie, avec son sens de l’humour tordu, ne le ramène vers les sciences de la vie par la petite porte d’un contrat à la Caisse de dépôt. Comme quoi, parfois, le meilleur plan de carrière, c’est de ne pas en avoir.

L’art délicat de débrancher une startup

Investir, c’est facile. C’est de faire un chèque en espérant que ça pousse. Le plus dur? C’est de réinvestir. Ou pire, de décider d’arrêter les frais. C’est la décision la plus difficile pour un investisseur. Comment on fait pour ne pas jeter de « la bonne argent après une mauvaise opportunité »? On essaie d’oublier le passé. La question n’est pas « combien j’ai déjà mis là-dedans? », mais « est-ce que j’investirais dans ce projet AUJOURD’HUI, avec les informations que j’ai? » Si la réponse est non, c’est le temps de dire adieu. C’est brutal, mais c’est ça, la game.

Anciens entrepreneurs : les pires investisseurs?

On a lancé une petite bombe sur le plateau : les anciens entrepreneurs sont-ils les pires investisseurs? C’est une opinion impopulaire, mais qui se défend. L’entrepreneur qui a réussi a souvent tendance à vouloir appliquer sa recette miracle à tout le monde. Maxime, avec la sagesse d’un gars qui a vu neiger, nuance : ça dépend de la mentalité. Un bon ex-entrepreneur devenu investisseur comprend le chemin de croix de la startup et peut offrir un soutien inestimable. Le danger, c’est de penser que son succès passé est une garantie pour l’avenir.

En fin de compte, le monde du capital de risque, surtout dans un domaine aussi pointu que les sciences de la vie, est un marathon, pas un sprint. Ça prend de la passion, une tolérance au risque à faire pâlir un cascadeur, et une bonne dose d’humilité. C’est ce qui a mené à des succès comme Inversago Pharma ou, il y a plus longtemps, Biochem Pharma.

Et ça prend aussi des gens de cœur. Maxime a d’ailleurs profité de sa tribune pour nous parler de la Fondation Édouard Boivin, qui soutient la recherche sur l’épilepsie réfractaire à l’hôpital Sainte-Justine. Une cause qui nous rappelle pourquoi on se bat : pour faire une différence.

Pour en savoir plus sur les dessous pas si glamours mais follement intéressants du capital de risque, écoutez l’épisode complet avec Maxime Pesant. Vous ne verrez plus jamais les « suits » de la même façon.

Dérangeants participants