ÉPISODE 14

27 Jan 2026

#183 – J’adopte le Québec Tech : brancher la tech d’ici sur nos entreprise pour accélérer la productivité

J'adopte la Québec Tech

J’ADOPTE le Québec Tech : le déclic pour arrêter de “travailler plus” et commencer à produire mieux

Le Québec, c’est une terre de patenteux — et on le dit avec respect. On a bâti des géants (Bombardier, CGI, Saputo…) avec de la débrouillardise, deux bouts de ficelle et une idée de génie. Mais en 2026, il y a une vérité qui frappe : l’huile de coude n’est plus un avantage concurrentiel. C’est même « probablement le plus mauvais carburant économique » si on veut rattraper notre retard de productivité.

C’est exactement le point de départ de l’épisode des Dérangeants consacré au lancement du mouvement J’ADOPTE le Québec Tech : une initiative qui veut provoquer un changement de mentalité — pas une nouvelle couche de bureaucratie.


Le diagnostic est clair (et il fait mal)

Dans l’épisode, on rappelle un chiffre qui a fait sursauter bien du monde : le Canada se classerait 37e sur 38 pays de l’OCDE en productivité.
Et sur le terrain, le constat est tout aussi brutal : des startups tech québécoises capables de livrer des solutions de calibre mondial… mais qui peinent à trouver des clients ici même, pendant que des entreprises d’ici cherchent des solutions ailleurs. Résultat : deux solitudes qui ne se rencontrent pas assez.

J’ADOPTE veut devenir le “velcro” entre ces deux mondes.


Pas une “grosse transformation numérique” : du concret, vite, simple

Ce qui est rafraîchissant dans l’approche, c’est le ton : on ne parle pas de “refaire ton usine au complet” ni de mandats interminables. L’idée, c’est plutôt : as-tu un problème A, B, C qu’on peut simplifier rapidement avec une solution d’ici? Et dans bien des cas, la réponse est oui.

L’épisode donne même un exemple très parlant : une implantation qui aurait pris 48 heures, et qui a éliminé un goulot d’étranglement dans la facturation.


Comment ça marche : 60–90 minutes, 3 à 5 besoins, puis “speed dating” techno

Le cœur du modèle est étonnamment léger côté temps pour l’entreprise :

  • 60 à 90 minutes pour évaluer où sont les gains possibles

  • On identifie 3 à 5 besoins où on peut gagner en productivité

  • Ensuite, l’équipe fait le travail de “matchmaking” et on passe à une formule speed dating avec des entreprises tech prêtes à livrer

Et on ne parle pas d’un bingo de prototypes. Les solutions présentées sont matures : l’entreprise tech doit démontrer qu’elle a déjà un produit sur le marché, déjà acheté par des clients, et qu’elle est en phase de croissance.

Bonus intéressant : on assume que tout ne deviendra pas un contrat — le modèle évoque qu’environ 4 % des maillages pourraient se transformer en ententes. C’est peu… mais c’est réaliste, et ça suffit pour créer des impacts majeurs à l’échelle d’une économie.


Pourquoi “forcer le maillage” : quand les gros joueurs embarquent, ça bouge

Dans l’épisode, on reçoit aussi deux “gros canons” qui ont décidé d’embarquer officiellement : Investissement Québec et le Fonds de solidarité FTQ.
L’enjeu est simple : si on veut vraiment changer les réflexes d’achat et d’adoption technologique, ça prend des acteurs capables de donner un signal fort, d’amplifier le mouvement, et de rendre l’adoption plus évidente.

On le dit franchement : si on veut rattraper le retard, ça prend des facteurs multiplicateurs. Pas juste un petit changement isolé, mais un shift de mentalité.


L’inspiration : “Je choisis la French Tech”… version Québec

Le mouvement s’inspire d’une initiative française, “Je choisis la French Tech”, qui a mobilisé 700 industriels avec un objectif de générer un milliard d’achats de technologies françaises sur deux ans.

Version Québec : l’objectif évoqué est de mobiliser des entreprises d’ici pour qu’elles s’engagent à considérer, évaluer et consommer des technologies québécoises — mais avec une différence clé : pas juste un “pledge”, un service de maillage concret.


Le cas vécu : Produlith × Vention, ou comment 90 pieds peuvent te coûter une fortune

Le meilleur moment de l’épisode, c’est le business case. On parle de Produlith, aux prises avec un goulot d’étranglement dans une ligne de pliage-collage : l’opérateur devait marcher environ 90 pieds pour aller palettiser, puis revenir à son poste… aux 10 minutes.

Ce petit “détour” créait un effet domino : backtracking, backlog, ralentissement de la ligne — bref, de la productivité qui s’évapore.

La rencontre avec Vention (qui “mathématise” l’usine avec des blocs digitaux/physiques pour déployer rapidement des lignes d’assemblage et de palettisation) devient le déclencheur.

Et les résultats suivent :

  • Près de 20 % d’augmentation de productivité en peu de temps

  • Une ligne capable de rouler à ~28 000 boîtes/heure, alors qu’avant on était autour de 10 000 à 15 000 boîtes/heure

  • Donc oui : on frôle le “doublé” de capacité à l’endroit critique.

Et le punch : on apprend aussi que ce type de projet n’est pas automatiquement une histoire de millions. Dans l’échange, on parle d’une enveloppe plutôt “des milliers”.


Le vrai message : “Acheter québécois” version tech, ce n’est pas un slogan — c’est une stratégie

J’ADOPTE, ce n’est pas de la charité. C’est une ambition : arrêter d’acheter ailleurs ce qu’on sait inventer ici, et connecter nos startups tech avec nos entreprises d’ici — pour gagner en productivité, en compétitivité, et en richesse collective.


Comment embarquer dans le mouvement

Dans l’épisode, c’est présenté très simplement : une adresse courriel sert de porte d’entrée, et une équipe répond pour expliquer comment ça marche.
Adresse mentionnée : J’ADOPTE@quebectech.com.


En bref : si tu veux des gains, commence simple

La productivité, ce n’est pas un débat idéologique. C’est du concret : parfois, 90 pieds aux 10 minutes, ça te coûte plus cher que tu penses. Et parfois, la solution est littéralement… à quelques kilomètres, développée ici, prête à livrer.

Le déclic, c’est maintenant.

Dérangeants participants