ÉPISODE 27

28 Avr 2026

#196 – François Caron & Alexandre Paquette – Vendre ou mourir avec sa business? Le vrai dilemme

Francois Caron & Alexandre Paquette

Vendre ou mourir avec sa business? Le vrai dilemme des entrepreneurs québécois

Vendre son entreprise, est-ce vraiment un échec?

Pour beaucoup d’entrepreneurs, vendre son entreprise ressemble encore à un abandon. Comme si céder son entreprise voulait dire échouer. Pourtant, comme le démontre brillamment François Caron dans cet épisode des Dérangeants, c’est souvent l’inverse.

Ne pas pérenniser son entreprise peut être un échec. La transférer intelligemment, c’est une réussite.

Le vrai enjeu n’est pas de vendre ou non. C’est de savoir comment assurer la relève entrepreneuriale, comment transmettre ce qu’on a bâti et comment éviter que l’œuvre d’une vie meure avec son fondateur.

Et c’est là que le dilemme commence.


Le transfert d’entreprise : 95 % émotionnel, 5 % transactionnel

On parle souvent de fiscalité, de financement ou d’évaluation quand vient le temps de vendre son entreprise.

Erreur.

Selon François Caron, la vente d’entreprise est d’abord un processus émotionnel.

Questions difficiles :

  • Est-ce que je cède à la bonne personne?
  • Est-ce que je donne trop de place?
  • Est-ce que je mets mes employés à risque?
  • Est-ce que mes enfants veulent vraiment reprendre?
  • Est-ce que je suis en train de préparer l’avenir… ou d’abandonner mon rêve?

Ce sont rarement des questions auxquelles un comptable répond.

Le transfert d’entreprise, c’est aussi un travail de lâcher-prise.


La relève entrepreneuriale n’arrive pas par hasard

L’histoire entre François Caron et Alexandre Paquette casse un mythe puissant :

Une relève ne s’improvise pas. Elle se construit.

Dans leur cas?
Un processus étalé sur des années :

  1. Intégrer un repreneur
  2. Tester le fit humain et culturel
  3. Faire entrer un partenaire institutionnel
  4. Préparer une croissance plus grande
  5. Saisir une opportunité stratégique avec Artopex

Pas une vente improvisée.

Une architecture.

C’est probablement l’une des grandes leçons de l’épisode :
la relève entrepreneuriale, ça se design.


Trouver un repreneur : une question de valeurs avant les chiffres

Une entreprise ne se transfère pas seulement à celui qui peut payer.

Elle se transmet à celui qui peut la porter.

Ce qui a rendu la relation Caron–Paquette possible :

  • alignement de valeurs
  • confiance mutuelle
  • communication brute
  • vision partagée
  • complémentarité entrepreneur / intégrateur

Et surtout, cette idée forte :

On peut partager les mêmes valeurs… sans les vivre de la même manière.

Nuance essentielle pour toute transition.

Parce que beaucoup de transactions échouent non pas sur le montage financier…

Mais sur la culture.


Vendre son entreprise sans arrêter d’investir : le grand paradoxe

Autre mythe démonté dans l’épisode :

« Si je vais vendre, je ralentis les investissements. »

Faux.

Selon les invités, une entreprise qui cesse d’investir avant une transaction diminue souvent sa valeur.

Innovation. Croissance. Capacité manufacturière.

Tout ça augmente l’attractivité.

Une entreprise qui prépare sa vente devrait souvent investir davantage, pas moins.

Contre-intuitif. Mais puissant.


La confiance, le vrai levier du reprenariat

Un moment marquant de l’épisode : François explique avoir endetté une entreprise sans dettes pour permettre l’entrée d’Alexandre comme actionnaire.

Un pari énorme.

Pas basé sur une formule.

Basé sur la confiance.

Et c’est peut-être ça, le cœur du reprenariat :

Le transfert d’entreprise n’est pas une transaction.

C’est un acte de foi.


Pourquoi vendre peut être une stratégie de croissance

On voit souvent une acquisition comme une sortie.

Dans leur cas, c’est devenu un levier.

L’intégration avec Artopex ouvre :

  • nouveaux marchés
  • nouveaux réseaux de distribution
  • synergies produits
  • croissance accélérée
  • pérennité régionale

Autrement dit :

La vente n’a pas été une fin.
C’était une prochaine étape.

Et ça change tout.


Le plus grand danger? Attendre trop longtemps

Beaucoup d’entrepreneurs repoussent la question.

« Un jour… »

Mais ce “un jour” arrive souvent trop tard.

L’épisode rappelle une réalité brutale :

  • la relève se prépare des années d’avance
  • la vente d’entreprise prend du temps
  • les émotions ralentissent les décisions
  • improviser coûte cher

Ou, comme le sous-entend François :

On peut faire ses préarrangements… ou laisser le problème aux autres.

Même en affaires.


Ce que tout entrepreneur devrait retenir

Si vous pensez à vendre votre entreprise un jour :

Commencez maintenant.

Pas pour vendre demain.

Pour être prêt.

Retenez ceci :

1. La relève est un projet stratégique

Pas une urgence de fin de parcours.

2. Les émotions font partie du deal

Et il faut les adresser.

3. Cherchez un fit humain avant financier

Les chiffres suivent souvent.

4. Continuez d’investir

Une entreprise qui stagne se dévalue.

5. Pérenniser, ce n’est pas quitter

C’est prolonger son impact.


Vendre ou mourir avec sa business?

C’est peut-être ça, au fond, le vrai dilemme.

Pas vendre ou garder.

Mais choisir :

  • laisser mourir son œuvre
    ou
  • la transmettre pour qu’elle vive sans nous.

Et ça, c’est probablement l’un des gestes les plus entrepreneuriaux qui soient.


À écouter si vous vous posez ces questions :

  • Comment vendre son entreprise?
  • Comment préparer une relève entrepreneuriale?
  • Comment trouver un repreneur?
  • Comment transférer son entreprise sans perdre sa culture?
  • Comment pérenniser une entreprise familiale?

Cet épisode avec François Caron et Alexandre Paquette est pratiquement une classe de maître.

Dérangeants participants